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Édition Les Petits Matins, janvier 2020.

Soleil Trompeur

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ITER ou le fantasme de l’énergie illimitée
Enquête sur un grand projet imposé
Préface de Michèle Rivasi

Vous connaissez Iter ? Non, car ce projet gigantesque auquel participent les États-Unis, la Chine, la Russie, le Japon, l’Inde, la Corée du sud et les 28 pays de l’Union européenne, se construit en toute discrétion au cœur de la Provence.

Il était temps qu'une enquête indépendante, très documentée, révèle comment a été prise la décision de lancer ce projet, quels sont ses objectifs et pourquoi il ne sera probablement qu'une chimère techno scientifique, en plus d'un gouffre financier à la charge des contribuables européens (pour près de la moitié du coût).
L'histoire d'Iter se mêle intimement à celle de la fin de la guerre froide. C'est en 1985 que Reagan et Gorbatchev décident en effet de réduire leurs arsenaux nucléaires, tout en se lançant dans un projet expérimental d'importance mondiale sur la fusion nucléaire, comme un symbole de la réconciliation des grandes puissances.
Voilà de quoi alimenter dès l'origine les critiques de nombreux scientifiques spécialisés qui estiment, à raison, qu'Iter a plus à voir avec la géopolitique mondiale qu'avec un réel intérêt scientifique. D'autant qu'aujourd'hui les conditions de réalisation de la fusion nucléaire sont loin d'être réunies. Sans compter les autres arguments en défaveur du projet : sismicité du plateau de Cadarache où est construit le réacteur, risques liés à l'utilisation du tritium (un des composants utilisés extrêmement volatile et toxique), déchets radioactifs et coût exponentiel qui ne cesse d'augmenter au fur et à mesure des retards pris par le projet.
Les prétentions infinies de la technoscience – ici, celle d'une « énergie illimitée » – se heurtent aujourd'hui aux limites d'un monde fini : limites écologiques, économiques, politiques et sociales. Des raisons vitales imposent de fixer dès à présent des limites dans la gestion des ressources naturelles et dans nos rapports avec la nature en général.
C'est pourquoi le projet Iter, de très long terme (au bas mot 2035, et encore…) et d'un résultat improbable, n'est pas adapté au défi du réchauffement climatique. Seules les énergies renouvelables, de plus en plus compétitives face au nucléaire, peuvent apporter une réponse satisfaisante.

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